M. Stéphane Monleau, sympathique habitant de Provence de 43 ans, est un grand amateur d’objets de toutes sortes, pour peu qu’ils concernent le billard. Cette passion, qui demande un véritable travail de collectionneur, lui apporte des connaissances enrichissantes et inestimables à ses yeux. Durant plus de 20 ans, il a amassé une multitude d’objets qu’il garde chez lui précieusement pour un jour, dans l’idéal, ouvrir son propre musée. Il souhaite nous faire partager cet amour pour le billard et peut-être faire la rencontre d’autres passionnés comme lui.
  

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Depuis quand collectionnez-vous et comment cette passion pour le billard a-t-elle débuté ?

J’ai commencé à être passionné de billard alors que je n’avais que 11-12 ans. À 21 ans, j’ai acheté mon premier pin’s : c’était la grande mode à l’époque. Depuis, je ne me suis plus jamais arrêté !
Quand j’étais jeune, je collectionnais les timbres et les autocollants, comme tout le monde. Plus tard, j’ai tout donné mais je n’ai pas pu me débarrasser du billard.
Chaque objet que je trouvais sur le billard, je ne pouvais pas le laisser en magasin : il fallait que je l’achète. C’est comme ça que j’ai emmagasiné sans cesse. Ensuite, ça s’est amplifié lorsque j’ai eu Internet à la maison, en 2003.
Mon but, c’est d’accumuler un maximum de connaissances sur le billard, mais pas obligatoirement sur le jeu. En tournois et grands joueurs, je n’y connais pas grand-chose : je m’intéresse plutôt aux objets, à leur histoire…

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Combien d’objets possédez-vous ?

Tableau de pin'sC’est difficile à dire parce que si l’on compte chaque pin’s, cela représente une grande partie de mes objets : je dois en avoir 230 ou 240. J’ai une centaine de cartes postales anciennes et modernes, des autocollants, des timbres, une vingtaine de porte-clefs et de cendriers, des affiches de cinéma, des posters, des cadres, une vingtaine de coins de billard en bronze, deux porte-queues anciens, des boules en ivoire, en argile (jeux complets américains), en bakélite et autres, des accessoires anciens : triangles, bleus, boîtes de procédés, fers à repasser, compte-points, divers outils, des petits meubles de décoration, des sous-bocks, des cartes téléphoniques, des briquets, des écussons, des montres, des magazines, des vieux papiers, des livres, un peu de vaisselle, pas mal de tee-shirts, un blouson en cuir, des boucles de ceinture, des cravates, une casquette, 2 paires de chaussettes, un slip (oui, oui !). Je dois arriver à dépasser les mille objets.

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D’où proviennent ces objets ?

Au début, je les trouvais dans les gadgeteries, puis, comme tout le monde savait que je collectionnais, chaque fois que quelqu’un de ma famille trouvait quelque chose, il me l’achetait.
Lorsque l’on me dit qu’il y a un objet à 150 km, il faut que j’y aille. J’ai parfois fait des kilomètres pour rien ! Si je vais quelque part, je regarde s’il y a un magasin ou autre chose en rapport avec le billard. Une fois, je suis parti en week-end à Lyon et arrivé là-bas j’ai appris qu’il y avait une exposition sur le billard au Musée suisse du jeu, j’y suis donc allé. C’était fantastique ! Il y avait de tout : des vieux billards, des queues, … Ils vendaient aussi un livre : le billard.ch. Le week-end m’a finalement coûté assez cher !
Enfin, c’est vrai qu’Internet est assez phénoménal pour les collectionneurs. J’ai passé des heures à tenter de comprendre le fonctionnement de PayPal, mais finalement ça a été une grande ouverture : cela m’a permis d’acheter et de devenir vendeur. Depuis que j’ai Internet, je surveille tout ce qui passe sur Ebay.com, Ebay.fr et Ebay.co.uk. Avec le Net ça se passe bien : on paie, on reçoit.

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Est-ce facile de trouver des objets intéressants ?

Non, il faut surveiller tous les jours les nouvelles ventes. Là, par exemple, cela fait 3 ou 4 ans que j’attends un objet qui ne sort pas. Pour les objets rares, c’est vrai que ce n’est pas évident, mais si on accepte d’être patient et d’y mettre le prix, on trouve de tout : c’est juste une question de temps.
Par exemple, pour ma masse, l’une des premières queues de billard datant de 1820, je me suis levé la nuit pour être le dernier à placer l’enchère.

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La passion du billard, cela coûte cher ?

Les objets rares ne sont pas donnés mais j’ai appris à acheter pour revendre et gagner un peu d’argent. Le truc, c’est de savoir à qui proposer les objets.
Par exemple, j’avais acheté trois queues de 1820, dont une en Angleterre que j’ai revendue le double aux États-Unis. J’ai aussi acheté un jour des billes en bakélite fournies avec 4 vieux bleus. J’ai réussi à les revendre également aux États-Unis à un prix dépassant la valeur des billes !
Cela me fait du capital pour racheter d’autres objets après.

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Reconnaissez-vous facilement des objets d’époque ?

LustreOui, assez facilement. En général, cela se voit. Par exemple, j’ai tout de suite vu que mon lustre, qui a une centaine d’années, était d’époque. Je l’ai entièrement démonté, nettoyé avec un produit spécial bronze et appliqué au Miror : une journée entière d’astiquage !

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Quel est l’objet le plus précieux que vous possédez ?

BillardMon billard a pour moi une valeur énorme, même si je ne connais pas sa véritable valeur financière. Je suis allé le chercher dans la Meuse et je ne l’ai pas payé très cher. C’est sûr qu’il y a beaucoup de travail à faire dessus : c’est un billard de 1850 qui avait un parquet qu’il a fallu enlever et remplacer par une ardoise. Il faut encore que je fasse un cadre pour poser l’ardoise et des trous, parce que je préfère les billards à trous.

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Comment mettez-vous en valeur votre collection ?

Cela fait longtemps que cela me trotte dans la tête. J’ai commencé à faire un inventaire et je compte créer mon site Internet pour rencontrer des gens aussi passionnés que moi et apprendre encore plus sur les vieux objets. Le site concernerait tout ce qui appartient à l’univers collection : objets divers, vieux outils, etc. : que du billard, mais pas sur tout ce qui est jeu, car il y a déjà énormément de forums sur le jeu.
J’ai commencé aussi à faire un historique sur les faits marquants du billard que je souhaite mettre sur mon site, comme par exemple la fabrication des queues dans le passé en comparaison avec ce qui se fait aujourd’hui.
J’avais aussi pensé mettre un onglet « Je recherche ».

Les objets que j’achète, même si je ne les utilise pas, il faut que je les aie pour le jour où je ferai mon musée. J’aimerais bien que les gens aussi passionnés que moi voient ce que j’ai. J’ai envie de rendre une partie de la maison indépendante pour y installer mon billard et, dans l’autre moitié de la salle, exposer tout ce que j’ai. Actuellement, j’empile tout dans des vitrines et quand il faut faire la poussière, je ne vous dis pas ! J’aimerais faire de grandes vitrines, trier par ordre chronologique, par type, etc. Je n’ai pas la place, il me faudrait au moins 50 m2.

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Êtes-vous à la recherche d’objets particuliers ?

Coins en bronzeCe que je recherche le plus, ce sont les coins en bronze, mais ils ne sont pas donnés et les prix montent vite. Quand j’ai réussi à en avoir un pour 50 €, j’étais heureux, mais il m’est arrivé de mettre jusqu’à 200 € pour une tête de lion. Avec le temps, je suis obligé d’acheter des lots qui peuvent coûter 150-200 € et revendre une partie pour pouvoir recommencer ma collection.
J’ai acheté récemment des outils anciens aux États-Unis. Je recherche aussi des vieux bleus, ils sont très cotés aux États-Unis. Quand j’en trouve en France, j’en achète aussi, mais j’en ai très peu à vrai dire.

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Jouez-vous au billard ?

J’ai un billard chez moi, mais il est en restauration depuis un an donc je n’y joue pas, mais si je suis dans un endroit où il y a un billard, oui je vais jouer. J’aime jouer au billard. Je suis plus accro au billard à trous qu’au billard français. J’allais dans des clubs à une époque, quand je n’avais pas de billard à la maison. J’étais en région parisienne et il y avait la plus grande salle d’Europe près d’Orly. J’y allais donc souvent. Après, je suis arrivé dans le Sud. J’allais dans les salles avec des collègues et puis à un moment donné j’ai déménagé dans un appartement plus grand pour pouvoir y mettre un billard. Une fois que j’avais le billard à la maison, je n’allais pratiquement plus jouer dans les clubs.

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Avez-vous une autre passion ?

VoitureLe billard, c’est ma première passion et après c’est un peu les voitures. J’ai mis 1 an et demi pour remonter ma Simca 1000 rallye 2. Dès le début, je savais que je la ferais repeindre en vert billard et que je la décorerais façon « billard ». Je reconnais que cela va un peu trop loin… mais de toute façon le vert lui va très bien ! Il y a un autocollant sur le capot que j’ai fait faire, un levier de vitesse « boule de billard », 2 boules en peluche sous le rétro intérieur et 4 bouchons pour les valves pneus. Bientôt, je me pencherai sur les côtés de la voiture : je comptais mettre une queue de billard tout le long des portières.

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Peut-on vous contacter et/ou vous rencontrer pour voir ces objets ?

Vous pouvez me contacter par e-mail à l’adresse monleau.stephane@orange.fr. J’ai envie de rencontrer d’autres gens comme moi, avoir de nouveaux objets, dans le but de connaître et d’apprendre. Avec les joueurs, on n’apprend pas grand-chose en général sur l’histoire du billard : la collection et le jeu, ce sont deux mondes différents.

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Un grand merci à Stéphane Monleau pour nous avoir fait part de sa passion ainsi que pour les photos de sa collection qui ont permis d’illustrer ce billet.